Mal à la hanche quand je dors sur le côté : pourquoi les deux côtés finissent par faire mal

Mal à la hanche quand je dors sur le côté : pourquoi les deux côtés finissent par faire mal

Par Claire Dubois, rédactrice Somnilys · 13 septembre 2026 · 11 min de lecture

Vous vous couchez sur le côté droit. Au bout d'un moment, la hanche du dessous chauffe, ça devient une brûlure sourde sur le côté de la cuisse, et vous vous retournez.

Sur le côté gauche, ça finit par faire mal aussi. Pas exactement pareil, mais ça revient. Alors vous alternez toute la nuit, et le matin vous avez mal aux deux côtés sans comprendre pourquoi.

Cette histoire a un nom, un mécanisme précis, et une raison très simple pour laquelle les deux côtés finissent par faire mal. Presque personne ne l'explique.

En bref

  • Une douleur sur la face externe de la hanche, réveillée par le couchage sur le côté, porte souvent un nom : le syndrome douloureux du grand trochanter. Ce n'est pas la même chose que de l'arthrose.
  • Il touche trois fois plus les femmes que les hommes : 15 % contre 6,6 % dans une grande étude américaine.
  • Pourquoi les deux côtés font mal : sur le côté douloureux, l'appui comprime directement. Sur l'autre côté, la jambe du dessus bascule vers l'intérieur et vient pincer les tendons de la hanche restée en l'air.
  • Les programmes d'éducation testés en essai clinique visent précisément ces positions dites en adduction, y compris les positions de sommeil.
  • Chez les personnes arthrosiques, 75 % rapportent une douleur nocturne et près des deux tiers d'entre elles en sont réveillées.
  • Aucune étude n'a évalué de coussin sur cette douleur. Nous le disons franchement plus bas.

Sommaire

Quand cette douleur doit vous amener à consulter

Cette section arrive en premier parce qu'elle est la plus utile de l'article, et parce qu'elle n'a rien à voir avec un coussin.

Une douleur de hanche peut venir de beaucoup de choses différentes, et seul un examen clinique permet de faire la part entre elles. Prenez rendez-vous, en particulier si :

  • La douleur est apparue après une chute ou un traumatisme, même modéré.
  • Elle s'accompagne de fièvre, d'un amaigrissement, ou d'une altération de l'état général.
  • Elle vous réveille systématiquement chaque nuit et s'aggrave de semaine en semaine.
  • Elle s'accompagne d'une perte de force, d'une boiterie qui s'installe, ou d'une impossibilité de vous appuyer sur la jambe.
  • Vous avez des antécédents de cancer, ou vous prenez un traitement au long cours qui fragilise l'os.

Rien de ce qui suit ne remplace un diagnostic. Un article de blog peut vous donner du vocabulaire et des pistes ; il ne peut pas examiner votre hanche.

Cette douleur a un nom, et ce n'est pas l'arthrose

C'est le point de départ, et c'est là que la plupart des contenus en ligne se trompent. Quand on cherche « douleur hanche la nuit », on tombe presque uniquement sur deux réponses : votre matelas, ou votre arthrose.

Or il existe un tableau clinique très différent, beaucoup plus fréquent qu'on ne le croit, et que personne ne nomme : le syndrome douloureux du grand trochanter. Le grand trochanter, c'est la prooeminence osseuse que vous sentez sous les doigts sur le côté de la hanche, là où le fémur s'élargit. Plusieurs tendons viennent s'y attacher.

La distinction la plus utile est celle de l'endroit exact :

  • Une douleur d'arthrose de hanche se situe plutôt dans l'aine, parfois vers la fesse, et irradie volontiers vers l'avant de la cuisse et le genou.
  • Une douleur du grand trochanter se situe sur la face externe de la hanche, exactement là où vous posez la main sans y penser quand vous en parlez à quelqu'un.

Ce n'est pas un détail sémantique. Ce sont deux problèmes différents, avec des prises en charge différentes. Et surtout, le second est directement sensible à la position de sommeil, alors que le premier l'est beaucoup moins.

Schema de la zone douloureuse sur la face externe de la hanche au niveau du grand trochanter
La zone concernée : la face externe de la hanche, sur la prooeminence osseuse où viennent s'attacher les tendons.

Pourquoi elle touche surtout les femmes

Ce n'est pas une impression, c'est mesuré.

Une étude américaine de Segal et coll. (2007), menée dans le cadre de la Multicenter Osteoarthritis Study, a évalué la fréquence de ce syndrome en population :

Chez les femmes : 15,0 % d'atteinte d'un côté et 8,5 % des deux côtés. Chez les hommes : 6,6 % et 1,9 %. Le rapport de cotes chez les femmes est de 3,37 (intervalle de confiance à 95 % : 2,67 à 4,25).

Autrement dit, à âge égal, une femme a environ trois fois plus de risques d'être concernée qu'un homme. Si vous êtes une femme entre 45 et 70 ans et que vous avez mal sur le côté de la hanche la nuit, vous n'êtes pas un cas isolé et vous n'exagérez pas : vous êtes dans le profil le plus fréquent de ce tableau.

Pourquoi les deux côtés finissent par faire mal

Voici l'explication que presque personne ne donne, et qui rend soudain toute la nuit compréhensible.

Sur le côté douloureux, c'est évident : tout le poids du bassin appuie sur la zone sensible, à travers l'épaisseur du matelas. C'est une compression directe, et c'est pour ça qu'on se retourne.

Sur le côté opposé, c'est plus subtil, et c'est là que ça se joue. Quand vous vous allongez sur l'autre côté, la jambe du dessus, celle du côté douloureux, ne reste pas empilée sur l'autre. Elle glisse vers l'avant et surtout vers l'intérieur, en passant la ligne médiane du corps. Le genou finit par se poser sur le matelas.

Ce mouvement de la jambe vers l'intérieur porte un nom en anatomie : l'adduction. Et quand la hanche part en adduction, les tendons qui passent sur la face externe du grand trochanter viennent se tendre et se comprimer contre l'os.

Voilà pourquoi les deux côtés font mal. D'un côté par écrasement, de l'autre par pincement. Et voilà pourquoi vous alternez toute la nuit sans jamais trouver la bonne position : les deux positions posent problème, pour deux raisons différentes.

Schema montrant la jambe qui bascule vers l interieur sans coussin et qui reste dans l axe avec un coussin
À gauche, la jambe du dessus passe la ligne médiane et la hanche part en adduction. À droite, le coussin l'empêche de franchir cette ligne.

Le mot que les kinés emploient et que personne ne vous a dit

Ce mécanisme n'est pas une théorie de marque. C'est exactement ce que ciblent les programmes de rééducation de cette pathologie.

L'essai clinique de référence sur le sujet est l'essai LEAP, publié dans le BMJ en 2018 (Mellor et coll.), qui a comparé un programme d'éducation associé à des exercices, une infiltration de corticoïdes, et une simple attente. Le volet éducation de ce protocole consiste, selon la description publiée, à apprendre au patient à « minimiser ou adapter les activités et positions compressives », en visant explicitement les « activités en adduction telles que s'asseoir les jambes croisées, certains étirements de hanche, et les positions de sommeil ».

Retenez les trois éléments de cette liste : jambes croisées, étirements, positions de sommeil. Ce sont trois façons différentes de mettre la hanche en adduction, et les positions de sommeil y figurent au même titre que les deux autres.

Soyons précis sur ce que cela prouve et ce que cela ne prouve pas. Ce protocole ne mentionne pas nommément un coussin entre les genoux. Ce qu'il établit, c'est que la position de sommeil fait partie des cibles reconnues de la prise en charge, et que le paramètre visé est l'adduction. Le lien entre les deux, c'est-à-dire le fait qu'un maintien entre les genoux empêche mécaniquement cette adduction, relève du bon sens géométrique, pas d'une donnée d'essai.

Ce que ça change concrètement

Soyons précis, parce que c'est le sujet où les promesses abusives sont les plus fréquentes. Un coussin n'agit ni sur un tendon, ni sur une inflammation, ni sur une arthrose. Il agit sur un seul paramètre : il empêche la jambe du dessus de franchir la ligne médiane pendant que vous dormez.

Ce que décrivent les personnes qui corrigent ce paramètre :

  • Le côté « valide » redevient une position tenable, ce qui suffit souvent à changer une nuit.
  • Moins de retournements successifs, donc moins de réveils complets à trois heures du matin.
  • Un premier appui du matin moins redouté quand on pose le pied par terre.
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Un point de vigilance honnête : un coussin trop épais écarte exagérément la jambe et peut créer une gêne dans l'autre sens. L'objectif est la ligne, pas l'écartement maximal.

Ce que la recherche montre, et ce qu'elle ne montre pas

Nous préférons vous le dire nous-mêmes, et de la façon la plus directe possible.

Aucun essai clinique n'a évalué l'effet d'un coussin entre les genoux sur la douleur de hanche nocturne. Nous avons cherché, la littérature n'existe pas. Nous n'écrirons donc jamais qu'un coussin soulage ce syndrome.

Ce qui est documenté, en revanche, tient en trois points.

La douleur nocturne est la règle, pas l'exception. Une étude de van Berkel et coll. (2023), publiée dans Family Practice et portant sur 101 patients souffrant d'arthrose de hanche ou de genou, retrouve une douleur nocturne chez 75 % d'entre eux, et parmi ceux-là, 63 % se réveillent à cause de la douleur. L'intensité médiane mesurée la nuit était même supérieure à celle du jour. Il s'agit d'une population arthrosique néerlandaise, ce n'est pas transposable tel quel à tout le monde, mais l'ordre de grandeur situe le problème.

Les positions de sommeil sont une cible reconnue. C'est le volet éducation de l'essai LEAP cité plus haut, qui vise les positions en adduction, positions de sommeil comprises.

Le décubitus latéral soutenu est associé à moins de symptômes. Une revue exploratoire publiée dans le BMJ Open (Cary et coll., 2019) observe que les personnes dormant sur le côté avec un soutien présentaient moins de symptômes rachidiens que celles dormant en position trois-quarts ou sur le ventre. Les auteurs précisent eux-mêmes qu'il n'y avait pas assez d'études de bonne qualité pour trancher.

Voilà l'état exact des choses : un problème très fréquent, un mécanisme identifié et ciblé en rééducation, et aucune étude sur l'objet lui-même. C'est une raison suffisante d'essayer. Ce n'est pas une preuve. Et c'est pour cela que l'essai dure 30 nuits, chez vous : c'est vous qui tranchez, pas nous.

Ce que disent les personnes concernées

Ces retours sont des expériences individuelles, vérifiables une par une sur la fiche produit. Ce ne sont pas des preuves cliniques, ils ne compensent pas l'absence d'étude, et certaines personnes ne ressentent aucune différence.

★★★★★ Acheteur vérifié · somnilys.com
« Ce coussin m'apporte un agréable confort et me permet de ne plus ressentir ces douleurs aux genoux et hanches que j'avais de temps en temps au réveil. »
Reynald P. · avis intitulé « expérience positive » · juin 2026 · Voir tous les avis sur la fiche produit →

« Oui, mais... »

  • « C'est mon matelas qui est trop dur. » Peut-être en partie, sur le côté douloureux. Mais ça n'explique pas pourquoi le côté opposé fait mal aussi, alors qu'aucun appui ne s'exerce sur la zone. L'adduction, elle, l'explique.
  • « On m'a dit que c'était de l'arthrose. » C'est possible, et les deux peuvent coexister. La question utile à poser à votre médecin est simplement : est-ce que ma douleur est dans l'aine, ou sur le côté externe de la hanche ? La réponse oriente beaucoup.
  • « Un coussin ne va pas soigner mes tendons. » Exact, et nous ne l'avons écrit nulle part. Ce qui fait progresser une tendinopathie, ce sont les exercices progressifs encadrés par un kinésithérapeute. Le coussin ne s'occupe que des heures où vous dormez.
  • « J'ai essayé de coincer un oreiller, ça n'a rien changé. » Vérifiez deux choses au réveil : est-il encore ferme, et est-il encore en place ? Un oreiller écrasé ou tombé au sol ne tient plus la ligne, et l'essai ne vaut rien.

Ce qui aide vraiment, dans l'ordre

  • Un diagnostic posé. Aine ou face externe, tendon ou articulation : la prise en charge n'est pas la même, et c'est le premier levier de tous.
  • La kinésithérapie et les exercices progressifs, qui sont le traitement de fond de ce type d'atteinte tendineuse.
  • Adapter les positions en adduction dans la journée : s'asseoir sans croiser les jambes, éviter de se tenir debout en appui sur une seule hanche, revoir certains étirements.
  • Le suivi médical, qui peut inclure d'autres options selon l'évolution.
  • Et le maintien de la nuit, qui ne soigne rien mais couvre le seul créneau où rien d'autre n'agit.

Questions fréquentes

Pourquoi ai-je mal à la hanche quand je dors sur le côté ?

Deux mécanismes différents selon le côté. Sur le côté douloureux, le poids du bassin comprime directement la face externe de la hanche. Sur le côté opposé, la jambe du dessus bascule vers l'intérieur en passant la ligne médiane, ce qu'on appelle l'adduction, et cette position met en tension les tendons qui passent sur le grand trochanter. C'est pour cela que les deux côtés finissent souvent par faire mal.

Comment savoir si c'est de l'arthrose ou autre chose ?

L'indice le plus simple est l'endroit exact de la douleur. L'arthrose de hanche se manifeste plutôt dans l'aine, parfois vers la fesse, avec une irradiation vers l'avant de la cuisse. Le syndrome du grand trochanter se situe sur la face externe, là où l'on pose spontanément la main. Cela dit, seul un examen clinique permet de trancher, et les deux peuvent coexister.

Est-ce plus fréquent chez les femmes ?

Nettement. Dans l'étude de Segal et coll. (2007), la prévalence unilatérale était de 15 % chez les femmes contre 6,6 % chez les hommes, avec un rapport de cotes de 3,37. Si vous êtes une femme et que vous avez mal sur le côté de la hanche la nuit, vous êtes dans le profil le plus courant de ce tableau.

Faut-il dormir sur le côté douloureux ou sur l'autre côté ?

Il n'existe aucune étude permettant de trancher, et la réponse dépend beaucoup des personnes. Ce qui est documenté, c'est que les positions en adduction font partie des positions à adapter dans les programmes d'éducation de cette pathologie. En pratique, le côté opposé devient souvent plus tolérable quand la jambe du dessus est empêchée de basculer vers l'intérieur.

La douleur de hanche la nuit, est-ce normal avec l'arthrose ?

C'est très fréquent : dans l'étude de van Berkel et coll. (2023) sur 101 patients arthrosiques, 75 % rapportaient une douleur nocturne et 63 % d'entre eux en étaient réveillés. Fréquent ne veut cependant pas dire qu'il faut s'en contenter, ni qu'il ne faut pas en parler à son médecin, surtout si la douleur s'aggrave régulièrement.

Un coussin entre les genoux peut-il aider ?

Aucune étude ne l'a évalué sur cette douleur précise, et il faut le dire clairement. Ce qu'on peut affirmer, c'est que le paramètre visé par les programmes de rééducation est l'adduction de hanche, et qu'un maintien ferme entre les genoux empêche mécaniquement la jambe du dessus de franchir la ligne médiane. C'est une raison d'essayer, ce n'est pas une preuve d'efficacité.

En résumé

Alterner d'un côté à l'autre toute la nuit sans jamais trouver de position n'est ni une fatalité ni un caprice. Il y a deux mécanismes distincts, un de chaque côté : la compression quand vous êtes couché sur la hanche douloureuse, l'adduction quand vous êtes couché sur l'autre.

Cette douleur porte un nom que peu de gens entendent, elle touche trois fois plus les femmes, et les positions de sommeil font partie de ce que les programmes de rééducation cherchent à adapter. Un coussin ne soigne rien de tout cela. Il empêche simplement la jambe de franchir la ligne médiane pendant les heures où vous ne pouvez pas y veiller.

Vous avez 30 nuits pour voir si ça change quelque chose chez vous. Si ce n'est pas le cas, vous renvoyez le coussin et vous êtes remboursé. Et si votre douleur correspond à l'un des signes décrits en haut de cet article, la première chose à faire n'est pas d'acheter un coussin, c'est de prendre rendez-vous.

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À lire aussi


Sources

  • Segal NA, Felson DT, Torner JC et coll. (Multicenter Osteoarthritis Study Group). Greater trochanteric pain syndrome: epidemiology and associated factors. Archives of Physical Medicine and Rehabilitation, 2007. PubMed
  • Mellor R, Bennell K, Grimaldi A et coll. Education plus exercise versus corticosteroid injection use versus a wait and see approach on global outcome and pain from gluteal tendinopathy. BMJ, 2018;361:k1662. bmj.com
  • van Berkel AC, Ringelenberg R, Bindels PJE, Bierma-Zeinstra SMA, Schiphof D. Nocturnal pain, is the pain different compared with pain during the day? Family Practice, 2023;40(1):75. academic.oup.com
  • Cary D, Briffa K, McKenna L. Identifying relationships between sleep posture and non-specific spinal symptoms in adults: a scoping review. BMJ Open, 2019;9(6):e027633. bmjopen.bmj.com
  • Assurance Maladie (ameli.fr). Arthrose de la hanche : définition et facteurs favorisants. ameli.fr

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé. Une douleur de hanche apparue après un traumatisme, accompagnée de fièvre, d'un amaigrissement, d'une perte de force ou qui s'aggrave régulièrement justifie une consultation.